CV express :
Nom : MONTEIRO
Prénom : Renato
Age : 55 ans
Situation de famille : marié un enfant
Quelles sont vos fonctions actuelles ?
Je suis directeur de l’unité de recherche INSERM U 699 « Immunopathologie rénale, récepteurs & inflammation » à l’hôpital Bichat, Paris. Médecin néphrologue et immunologiste (ayant réalisé un post-doctorat aux Etats-Unis de 4 ans), j’ai une activité clinique minime associée à un enseignement ponctuel à destination d’étudiants en masters ou d’internes. Enfin, je suis expert en néphrologie à l’Institut Thématique Multi-Organisme « Circulation, Métabolisme et Nutrition » et je siège au Conseil Scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale. Je participe régulièrement à l’évaluation de thèses dans ma spécialité.
Comment êtes-vous arrivé à la lutte contre le SNI ?
Après 5 années de néphrologie clinique, j’ai dédié entièrement ma carrière à la recherche. C’est par passion et volonté de trouver des solutions à des maladies difficiles et inconnues comme le SNI que je travaille dans la recherche depuis 1989.
J’ai commencé à travailler sur le SNI quand le Dr Elie Haddad, précédent Chef de Service Néphrologie de l’Hôpital Robert Debré (NDLR : G. Deschênes lui a succédé, voir son interview), est venu échanger ses idées avec moi en 2002. Notre collaboration a alors débouché sur une publication significative en 2007. D’ailleurs G Deschênes avait déjà participé à ces travaux. Je trouve beaucoup de similitudes avec ce nouveau projet amené par le professeur Deschênes et espère le même impact en matière de publication et d’avancée contre la maladie !
NDLR : note sur la publication de 2007.
Le 26 juin 2007, le JASN (Journal of the American Society of Nephrology) publie un article sur la création d’un modèle humanisé de souris qui a permis de démontrer qu’en recevant des cellules progénitrices des patients, les souris développaient un SN très proche de celui de l’homme, ce qui permettait d’utiliser les souris pour tester de nouvelles drogues contre la maladie. De plus, le modèle a prouvé la responsabilité du lymphocyte B dans la maladie, comme mentionnée par G. Deschênes dans son interview. Cette publication fait date dans la lutte contre le SNI.
Quel est le travail que vous allez réaliser dans notre projet ?
Comme mentionné par G. Deschênes, deux thèmes très liés entre eux vont être développés :
A – Mieux caractériser les anomalies des chaînes légères d’immunoglobulines qui pourraient être responsables de la perméabilité glomérulaire chez les malades atteints du SN.
B – Essayer de caractériser les transcrits des lymphocytes B qui sécrètent ces chaînes légères pour déterminer ce qui est la cause moléculaire de l’anomalie.
La recherche de ces chaînes légères peut déboucher sur la caractérisation d’anticorps et/ou la possibilité d’appliquer de nouvelles thérapies. L’étude doit nous faire mieux comprendre pourquoi ces patients sont malades et pourquoi certaines drogues sont efficaces.
En prenant en charge les coûts de fonctionnement par mon unité, et grâce au financement du programme AR pour recruter une brillante candidate en charge de l’étude, je vais donc exploiter le considérable matériel biologique mis à disposition par le Pr Deschênes. Cette étude est en parfaite logique avec mes travaux continus de recherche sur les immunoglobulines A et G.
L’AMSN est à vos côtés depuis 2003, et le Programme Ambition Recherche tente de dynamiser la lutte contre la maladie : cela a-t-il changé quelque chose à vos yeux ? Est-ce un avantage ?
La démarche que vous engagez est excellente. Les questions traitées sont cruciales et les financements nécessaires pour les aborder sont insuffisants. Le budget de recherche de l’AMSN est très conséquent et nous aidera grandement. Vous aidez des projets matures non financés par l’ANR. Il est important d’être présents sur des projets qui iront au bout et donc publieront en cas de succès. Dès lors, les financements viendront peut-être plus facilement.
Je vous adresse toutes mes félicitations pour ce programme, émanant des malades eux-mêmes, ce qui le rend incontournable et si précieux pour tous ceux qui luttent à leur côté contre cette terrible maladie.
Quelle est la santé de la recherche française contre le SN ?
La France est très bien placée avec les USA et le Canada. Il existe peu d’équipes mais de grande qualité. Nous sommes probablement le fer de lance en Europe, et l’une des causes est sans doute le fait que dans les autres pays de l’UE les associations de malades ne poussent pas aussi fort la recherche médicale.
Vous travaillez sur une maladie prévalente, elle n’est pas rare et touche beaucoup d’enfants ! Un dernier argument majeur pour se convaincre de ne pas relâcher nos efforts.
Merci beaucoup docteur.
Renato MONTEIRO avait accepté de siéger à notre Conseil Scientifique International. Lors du dépôt des candidatures, il s’est retiré afin de préserver l’indépendance du Conseil. Saluons son engagement auprès de nous et son grand sens de l’éthique.